Empreintes primaires & confection des porte-empreintes individuels

Matériel

  • Kit SMP
  • Compas à pointes sèches
  • P.-E. plastiques perforés type Transform® ou P.-E. rigides non perforés en polycarbonate type Schreinemakers®
  • Cire école
  • Bouilloire
  • Couteau à cire
  • Bistouri
  • Source de chaleur
  • Alginate, adhésif, doseurs eau/poudre, bol et spatule
  • Carbonate de sodium 0,7 %
  • Compresses
  • Sachet hermétique
  • Plâtre dur Odoncia®
  • Bol, spatule, couteau à plâtre
  • Miroir de courtoisie
  • Devis définitif
  • Résine photopolymérisable
  • Crayon d’aniline
  • Pièce à main
  • Fraise résine
Aucun acte n’est effectué en l’absence de devis définitif en cours de validité, accepté et signé par le patient
Les P.-E. Transform® sont disponibles en 3 tailles au maxillaire et à la mandibule. Ils peuvent être modifiés par addition (cire école), soustraction (meulage) ou mise en forme (20 s dans une eau chauffée à 70 °C ou au-dessus d’une flamme).
Le coffret de P.-E. en polycarbonate type Schreinemakers contient 15 tailles différentes pour la mandibule, 9 pour le maxillaire. Ils sont rigides et non perforés. Leur adaptation ne peut se faire que par addition de cire. Ils ne doivent en aucun cas être meulés ni réchauffés. Après utilisation ils ne sont surtout pas jetés car ce sont des outils autoclavables.

Étapes cliniques

Si nécessaire, le patient bénéficie d’une prémédication anti-émétique (10 mg de Primpéran® une heure avant le soin).

Choisir le P.-E. adapté à l’aide d’anciennes prothèses du patient ou d’un compas à pointes sèches :

  • Au maxillaire, calculer la distance entre les versants externes des tubérosités ;
  • À la mandibule, calculer la distance entre les versants internes des trigones rétromolaires.

Essayer le P.-E. en bouche :

  • Au maxillaire, le P.-E. est espacé de 3 mm du fond de vestibule et recouvre totalement les tubérosités.
  • À la mandibule, il est espacé de 3 mm du fond de vestibule, recouvre totalement les trigones rétromolaires, atteint les franges sublinguales, et doit supporter le matériau d’empreinte au niveau des niches rétromolaires.

Ajuster le P.-E. (déformation , soustraction par découpe, ou adaptation par adjonction de cire Moyco).

Les P.-E. Transform® deviennent malléables après réchauffement, contrairement aux P.-E. en polycarbonate Schreinemakers®.

Enduire l’intrados du P.-E. d’adhésif et patienter 5–10 min l’évaporation complète du solvant avant mise en place du matériau d’empreinte.

Application de l’adhésif

Installer le patient pour l’empreinte et énoncer les conseils per-opératoires (patient assis, tête droite, protégé par un champ, un haricot entre les mains, respiration nasale à un rythme lent et régulier, épaules basses, tête éventuellement basculée vers l’avant). Le patient doit absolument être détendu.

Remarque : L’empreinte primaire mandibulaire est réalisée la première. Moins désagréable pour le patient, elle permet de gagner sa confiance.

Le praticien se place debout, les coudes à hauteur de la bouche du patient, devant lui pour une empreinte mandibulaire, derrière pour une empreinte maxillaire.

Réaliser le premier temps de l’empreinte avec un ratio eau/poudre de 1:1. Après prise complète du matériau, l’empreinte est désinsérée et immédiatement rincée à l’eau claire.

L’assistant applique le matériau en une seule fois sur l’intégralité de l’intrados du P.-E.
Le P.E. mandibulaire Transform doit être maintenu entre les pouces (sous la mandibule) et les index (sur les rétentions prévus à cet effet)
Au maxillaire, le praticien maintient le P.E. en appliquant une pression digitale au centre du palais et bascule la tête du patient légèrement vers l’avant

Aménager l’empreinte à l’aide d’un bistouri en supprimant tout matériau non soutenu. Puis imbiber une compresse de carbonate de sodium 0,7 % et frotter délicatement le produit sur l’intégralité de l’empreinte.

L’aménagement de l’empreinte ne concerne pas les zones rétentives en contre-dépouille car elles assurent le maintien du matériau sur le P.E.
Après application du carbonate de sodium, la compresse doit avoir un aspect rosâtre. Si cette étape est tronquée ou mal réalisée, le second lé d’alginate n’adhèrera pas au précédent.
Aspect du premier temps des empreintes une fois leur aménagement terminé

Réaliser le second temps de l’empreinte avec un ratio eau/poudre de 3:2. Après prise complète de l’alginate fluide, désinsérer et rincer à nouveau l’empreinte à l’eau claire.

Enduction du second lé d’alginate, plus fluide, pour la surempreinte au maxillaire
Aspect des sur-empreintes après rinçage

À l’aide d’un crayon d’aniline, marquer la ligne de réflexion muqueuse directement sur l’empreinte.

Les limites seront visibles sur les modèles primaires et aideront à la confection des porte-empreintes individuels
Empreintes primaires prêtes pour la coulée au plâtre dur

Stocker l’empreinte dans un sachet hermétique et la traiter impérativement dans les 15 min au plâtre dur Odoncia®. Le plâtre est préparé en consistance crémeuse et la coulée s’effectue sur vibreur. La zone linguale est correctement dégagée à la mandibule. Puis l’ensemble est retourné sur un plâtre de même nature pour la réalisation d’un socle.

Après prise complète du plâtre Odoncia®, les modèles sont délicatement démoulés et régularisés au taille-plâtre selon des règles précises.

  • La périphérie des modèles est taillée jusqu’au trait de crayon d’aniline.
  • Au maxillaire, la face inférieure est taillée parallèlement à la crête édentée, qui forme approximativement une droite joignant a papille bunoïde à la tubérosité. La face postérieure est taillée parallèlement à la droite passant par les insertions des ligaments ptérygo-maxillaires.
  • À la mandibule, la face inférieure est taillée parallèlement à la crête édentée. La face postérieure est taillée parallèlement à la droite passant par les insertions des ligaments ptérygo-mandibulaires.
Parallélisme du socle maxillaire : A) Papille bunoïde, B) Tubérosité maxillaire
Parallélisme du socle mandibulaire : C) Centre du trigone rétromolaire

Confection des porte-empreintes individuels

Tracer l’axe longitudinal des crêtes sur le modèle.

  • P.-E.I. maxillaire : Du ¼ externe de la tubérosité maxillaire à la pointe canine présumée ;
  • P.-E.I. mandibulaire : Du ⅓ externe du trigone rétromolaire à la pointe canine présumée.
Tracé des repère sur le modèle primaire maxillaire : 1) Axe de symétrie passant par la papille bunoïde et entre les fossettes palatines, 2) Perpendiculaire passant par le centre de la papille bunoïde, 3) Perpendiculaire passant 6–8 mm en avant, 4) Axes des crêtes, 5) Limites du porte-empreinte individuel
Tracé des repère sur le modèle primaire mandibulaire : 1) Sommet de crête, 2) Fond de crête, 3) Axes de crêtes, 4) Limites du porte-empreinte individuel, 5) Aire de sustentation d’Ackermann

Tracer les limites sur le modèle au porte-mine dans le cas où elles n’ont pas été tracées au crayon d’aniline sur les empreintes primaires :

  • P.-E.I. maxillaire : La limite périphérique se situe à 1,5 mm du fond de vestibule et dégage les brides et freins sur 2 mm. La limite postérieure passe 2 mm en arrière des tubérosités qu’elle relie de manière rectiligne.
  • P.-E.I. mandibulaire : La limite périphérique se situe également à 1,5 mm du fond de vestibule ainsi qu’à 2 mm des brides et freins mais aussi du frein de la langue. Elle recouvre entièrement les trigones rétromolaires et s’accentue au niveau des volets linguaux de la future prothèse.

En présence de contre-dépouilles, celles-ci sont comblées par adjonction de cire a minima en veillant à ne pas dépasser les limites préalablement dessinées.

Après isolation du modèle, appliquer la feuille de résine photopolymérisable au contact du modèle pour confectionner la base du P.-E.I., puis découper les excès au niveau du pourtour en respectant le tracé des limites.

Le port des masques et gants est impératif lors de la manipulation de la résine photopolymérisable qui présente une certaine toxicité pour les cellules épithéliales.

Utiliser les excès de résine photopolymérisable pour confectionner le bourrelet de préhension en respectant les dimensions suivantes :

  • P.E.I. maxillaire: bourrelet de 3–4 mm d’épaisseur en antérieur, 6–8 mm d’épaisseur en postérieur, et 22 mm de hauteur depuis le fond de vestibule au niveau de l’incisive latérale ;
  • P.E.I. mandibulaire: bourrelet de 3–4 mm d’épaisseur en antérieur, 6–8 mm en postérieur, et 18 mm de hauteur depuis le fond de vestibule au niveau de l’incisive latérale ;
  • Postérieurement, les bourrelets descendent à 45° jusqu’aux tubérosités/trigones.
Dimensions du bourrelet de préhension maxillaire dans le plan horizontal
Dimensions du bourrelet de préhension mandibulaire dans le plan horizontal
Dimensions des bourrelets de préhension dans le plan sagittal

Photopolymériser l’extrados du P.-E.I. pendant 10 min. Désinsérer délicatement puis photopolymériser l’intrados pendant à nouveau 10 min.

Réaliser les finitions à l’aide d’une fraise résine bague rouge en veillant à ce que le P.-E.I. respecte les impératifs suivants :

  • Respect du tracé ;
  • Stabilité sur le modèle en plâtre ;
  • Insertion-désinsertion aisées ;
  • Bords arrondis, lisses et suffisants pour supporter le matériau d’empreinte ;
  • Préfiguration du rempart alvéolo-dentaire par le bourrelet de préhension.
Les aspérités sont éliminées à l’aide d’une fraise résine. Les poussières très fines dégagées nécessitent le port impératif du masque et, si possible, l’utilisation d’une aspiration chirurgicale par un assistant.
L’ultime étape, indispensable, consiste à dégraisser les porte-empreintes individuels à l’acétone.
Porte-empreinte individuel maxillaire (vue supérieure)
Porte-empreinte individuel maxillaire (vue latérale)
Porte-empreinte individuel mandibulaire (vue supérieure)
Porte-empreinte individuel mandibulaire (vue latérale)

Remarques

  • Cotation : CN
  • Le devis définitif comprend 3 exemplaires :
    • L’original (blanc) est destiné au patient.
    • Le duplicata bleu est destiné au dossier du patient.
    • Le duplicata jaune est destiné au bureau des entrées.
  • Un devis a une durée légale de validité de 6 mois. Une fois ce délai passé, il est impératif d’en réaliser un nouveau, voir de réaliser une nouvelle sémiologie si la situation l’exige.
  • Le patient règle impérativement les arrhes (30 % de la somme total du devis) au bureau des entrées avant l’envoi d’un quelconque travail au laboratoire. Il réglera les 70 % restants le jour de la livraison des prothèses.

Références

  • Pompignoli M, Raux D, Doukhan J-Y. Chapitre II: Empreintes primaires, deuxième séance clinique. In: Prothèse complète: clinique et laboratoire, 5è édition revue et mise à jour. Editions CdP; 2017. p. 23‑56. (Guide clinique).
  • Pompignoli M, Raux D, Doukhan J-Y. Chapitre III: Traitement des empreintes primaires, première séance de laboratoire. In: Prothèse complète: clinique et laboratoire, 5è édition revue et mise à jour. Editions CdP; 2017. p. 57‑76. (Guide clinique).
  • Hüe O, Berteretche M-V. Chapitre IX: Les empreintes préliminaires. In: Prothèse complète: Réalité clinique, solutions thérapeutiques. Quintessence International; 2003. p. 69‑80. (Réussir).
  • Descroix V. Pharmacologie et thérapeutique en médecine bucco-dentaire et chirurgie orale. Éditions CdP; 2015. 243 p.