Essayage des maquettes

Matériel

  • Kit SMP
  • Spatule à ciment
  • Précelles de Miller
  • Papier à articuler 12 µm
  • Chalumeau
  • Couteau à cire
  • Miroir de courtoisie
  • Articulateur Quick Master®
  • Articulé de Tench : cire Aluwax®, plâtre Snow White®, bol, spatule, couteau à plâtre

Étapes pré-cliniques

Contrôler les maquettes livrées par le laboratoire avant le rendez-vous du patient. L’objectif est de corriger d’éventuelles erreurs ou d’anticiper un éventuel retour au prothésiste.

  • Esthétisme global, finitions des cires ;
  • Respect des choix de forme et de teinte préalablement communiqués ;
  • Respect des règles de montage et d’occlusion.

Contrôle des règles de montage

L’équilibre des prothèses complètes nécessitent un montage particulier des dents artificielles selon des règles différentes de celles qui s’appliquent aux dents naturelles.

« Pendant la mastication, le système prothétique est en équilibre quand la résultante des forces occlusales transmises aux surfaces d’appui se trouve à l’intérieur de l’aire de sustentation des bases. C’est le respect des règles du montage. »

Michel POMPIGNOLI

Globalement, les dents doivent être orientées vers l’axe inter-crête (droite joignant le sommet des crêtes maxillaire et mandibulaire, spécifique à chaque couple de dents antagonistes). Elles sont par conséquent lingualées en prothèse complète.

Dans les plans frontal et sagittal, le plan d’occlusion doit être situé à mi-distance des crêtes maxillaire et mandibulaire.
Dans le plan sagittal, les surfaces occlusales doivent former une courbe de compensation, à concavité supérieure, destinée à équilibrer l’occlusion lors des mouvements de propulsion/latéralités, et à empêcher la bascule vers l’avant de la prothèse mandibulaire.
Dans le plan horizontal, les dents postérieures doivent être positionnées dans l’aire de Pound, délimitée en avant par la face distale de la canine et en arrière par la tubérosité ou le trigone.
Toujours dans le plan horizontal, les dents antérieures doivent être positionnées en fonction de l’axe inter-crête correspondant. L’objectif est d’orienter les dents de sorte à empêcher une bascule néfaste des prothèses.

Règles d’occlusion

« Pendant les mouvements à vide fonctionnels et parafonctionnels, le système prothétique est en équilibre quand il existe au moins trois points non alignés assurant la stabilité des bases. C’est le respect des règles de l’occlusion. »

Michel POMPIGNOLI

L’équilibre occlusal en prothèse complète est obtenu par des contacts généralisés tant en position d’intercuspidation maximale que lors des mouvements de propulsion et de diduction. Le glissement des dents prothétiques est sous la dépendance de facteurs articulaires fixes et de facteurs dentaires déterminés par le praticien.

L’occlusion est sous la dépendance de 5 facteurs sagittaux regroupés sur la dénomination de Quint de Hanau.

  1. La pente condylienne est la sécante au trajet de propulsion et au plan de référence axio-orbitaire (plan de Francfort).
  2. La pente incisive correspond à l’inclinaison dans le plan sagittal des faces palatines des incisives maxillaires par rapport au plan de Francfort.
  3. L’angle cuspidien, au niveau prémolo-molaire, est formé entre la crête cuspidienne et la perpendiculaire à la bissectrice de la cuspide.
  4. Le plan d’occlusion passe par les bords libres des incisives mandibulaires et les cuspides disto-vestibulaires des deuxièmes molaires mandibulaires.
  5. La courbe de compensation est la courbe occlusale du plan sagittale permettant une occlusion équilibrée lors du mouvement de propulsion.
En position d’ICM, les contacts s’effectuent entre les cuspides d’appui (cuspides palatines maxillaires et cuspides vestibulaires mandibulaires) et les fosses antagonistes.
En position d’ICM, le bloc incisivo-canin maxillaire forme un surplomb vertical et horizontal de 1–1,5 mm avec son antagoniste.
Lors du mouvement de propulsion, la position du bout-à-bout incisif doit être équilibrée par des contacts postérieurs.
Lors des mouvements de diduction, les contacts travaillants doivent être équilibrés par des contacts non-travaillants controlatéraux.

Étapes cliniques

Décontaminer les maquettes dans un bain de chlorhexidine puis les rincer à l’eau claire. Elles sont d’abord contrôlées individuellement (maxillaire puis mandibulaire), avant d’être examinées ensemble.

Contrôle de la maquette maxillaire

Insérer la prothèse humide en bouche et contrôler sa stabilité et sa rétention, en statique puis en dynamique.

  • Appuyer vers le haut et l’avant sur les faces palatines des incisives pour contrôler la rétention du joint postérieur (un effet de succion doit être perçu) ;
  • Tracter les joues pour vérifier la qualité des bords et le dégagement correct des freins et insertions musculaires ;
  • Tracter la lèvre supérieure vers le haut puis les côtés pour vérifier le dégagement du frein labial.

Remarque : La mouillabilité de la cire étant moins bonne que celle de la résine définitive, la qualité de la rétention des maquettes ne fournit qu’un aperçu de celle des futures prothèses.

Contrôler l’esthétisme global du montage (teinte, forme, dimensions, intégration dans le reste du visage).

  • La fausse gencive ne doit pas être trop volumineuse, et les finitions de cire doivent restaurer l’esthétique lors du sourire ;
  • Dans le plan sagittal, la lèvre doit être harmonieusement soutenue ;
  • Dans le plan frontal, les dents doivent être correctement positionnées (centre inter-incisif, respect de l’indice de Lee, orientation des axes principaux des dents du secteur incisivo-canin, harmonie de la ligne des bords libre avec la lèvre inférieure).

Contrôle de la maquette mandibulaire

La maquette mandibulaire est également humidifiée avant d’être insérée pour contrôler d’emblée sa stabilité et sa rétention, d’abord à l’état statique, puis sur le plan dynamique.

  • Appuyer vers l’avant sur la face linguale des incisives pour contrôler la qualité du joint sublingual (un effet de succion doit être perçu) ;
  • Tracter la lèvre inférieure pour contrôler les bords vestibulaires au niveau antérieur et le bon dégagement du frein labial ;
  • Tracter les joues pour contrôler les bords latéraux et le dégagement des freins et insertions musculaires ;
  • Guider le patient pour la mobilisation linguale dans le but de contrôler les bords linguaux de la maquette et le dégagement correct du frein médian lingual.

Remarque : Au même titre que la maquette en cire maxillaire, la qualité de la rétention lors de cette séance ne donne qu’un aperçu de celle de la future prothèse. En outre, la rétention d’une maquette mandibulaire est généralement plus délicate à obtenir.

Contrôle simultané des maquettes

À ce stade, le praticien avertit son patient de ne pas effectuer de mouvements trop brutaux qui pourraient déplacer les dents prothétiques et compromettre l’essayage.

Contrôle de l’occlusion statique

Le patient serre délicatement sur deux rouleaux salivaires placés sur les secteurs latéraux, durant 2 min, afin de lui faire oublier la position occlusale de ses anciennes prothèses.

Il est ensuite invité à fermer jusqu’à trouver un contact dento-dentaire postérieur, amenant spontanément à un recul mandibulaire, et le praticien peut contrôler la position d’ICM.

  • Contrôler l’absence de contacts postérieurs entre les bases ;
  • Contrôler la concordance des centre inter-incisifs ;
  • Contrôler la présence d’une occlusion bilatérale efficace (la spatule à ciment doit se coincer entre les dents prothétiques à droite comme à gauche, sans mobilisation des maquettes).

L’occlusion retrouvée en bouche doit être identique à celle préalablement observée sur l’articulateur. Sinon, le rapport intermaxillaire est réévalué par la réalisation d’un articulé de Tench (voir ci-dessous).

Contrôle de la dimension verticale

  • Contrôler l’esthétique lorsque le patient est en position de repos ;
  • Tester la prononciation des phonèmes en « s » (les incisives doivent être en vis-à-vis avec un léger espace d’inocclusion) ;
  • Vérifier l’encombrement (absence d’inocclusion labiale ou d’occlusion labiale forcée).

Toute erreur dans l’évaluation de la D.V. se traduit également par une réévaluation du rapport intermaxillaire par la réalisation d’un articulé de Tench (voir ci-dessous).

Valider l’ensemble (fonction et esthétique) avec le patient (miroir de courtoisie).

Compléter la fiche laboratoire (finitions des cires, mise en moufle et polymérisation) et déposer le travail muni du devis définitif (duplicata jaune) au bureau des entrées.

Réévaluation du rapport intermaxillaire par un articulé de Tench

  1. Confectionner 2 petites feuilles de 2 mm d’épaisseur de cire Aluwax® ;
  2. Appliquer la cire Aluwax® sur les faces occlusales des secteurs prémolo-molaires mandibulaires ;
  3. Enregistrer la R.I.M. en guidant le patient en R.C. ;
  4. Augmenter la tige incisive de l’articulateur de 2 mm et refaire le montage à partir du modèle mandibulaire ;
  5. Compléter la fiche laboratoire (remontage des dents prothétiques) et déposer le travail muni du devis définitif (duplicata jaune) au bureau des entrées.

Remarques

  • Cotation : CN
  • Le patient est prévenu qu’il devra régler le reste à charge de ses prothèses le jour de leur livraison.

Références

  • Pompignoli M, Raux D, Doukhan J-Y. Chapitre IX : Essai du projet esthétique, cinquième séance clinique. In: Prothèse complète: clinique et laboratoire, 5è édition revue et mise à jour. Editions CdP; 2017. p. 195‑204.
  • Pompignoli M, Raux D, Doukhan J-Y. Chapitre X : Montage fonctionnel, quatrième séance de laboratoire. In: Prothèse complète: clinique et laboratoire, 5è édition revue et mise à jour. Editions CdP; 2017. p. 205‑40.
  • Pompignoli M, Raux D, Doukhan J-Y. Chapitre XI : Essai fonctionnel, sixième séance clinique. In: Prothèse complète: clinique et laboratoire, 5è édition revue et mise à jour. Editions CdP; 2017. p. 241‑9.